Pas assez de filière d’excellence pour les bacheliers ES ?
Les déclarations relatives au prétendu manque de filière « d’excellence » pour la filière ES pointent avant tout un déséquilibre de l’offre de ces formations plutôt qu’une insuffisance de la série ES.
Si les bacheliers ES sont relativement peu nombreux en classes préparatoires aux grandes écoles, c’est d’abord parce que celles-ci sont avant tout destinées aux scientifiques. Il faut en effet comparer ce qui est comparable. L’offre de CPGE est principalement une offre scientifique, puisque 63% des effectifs des CPGE sont des classes scientifiques (« maths sup »). Or, aucun élève de L ou de ES ne s’inscrit dans ces CPGE (et pour cause !). Le ministre oublie donc que les deux tiers des classes prépas sont destinés « par nature » aux bacheliers scientifiques, ce qui remet fortement en cause ses conclusions hâtives tirées de statistiques mal interprétées.
Il n’y a aujourd’hui que deux types de classes préparatoires où l’on trouve des enseignements qui prolongent ceux de terminale ES : les prépas économiques et commerciales et les prépas lettres et sciences sociales, qui toutes deux accordent un poids important aux mathématiques. Les bacheliers ES représentent 44% des effectifs des CPGE économiques et commerciales, y compris les prépas à l’ENS Cachan, où ils pèsent pour 60% en économie et 71% en droit. En CPGE littéraire, les bacheliers ES représentent 22,4% des effectifs (32% des prépas Lettres-Sciences sociales), poids comparable à celui des bacheliers S (23%).
Ainsi, dans les CPGE qui leur sont accessibles (économique-commerciale et littéraire), les bacheliers ES représentent un peu plus du tiers des effectifs, ce qui correspond au poids du bac ES dans les bacs généraux. Le Ministre ne peut donc faire l’économie d’une réflexion sur l’offre actuelle faite aux bacheliers ES en classes préparatoires.
Preuve que le problème résulte d’une inadéquation de l’offre des classes préparatoires, les bacheliers ES sont particulièrement nombreux à intégrer les instituts d’Etudes Politiques (IEP). Le ministre considère-t-il qu’il ne s’agit pas là de « filières d’excellence » ?
Il est tout a fait erroné de prétendre que la filière ES est une filière aux débouchés incertains. Le baccalauréat ES permet à ses meilleurs élèves d’entrer en classes préparatoires, de réussir des concours difficiles et de s’insérer sans difficultés dans le monde du travail.
Apses